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Montgomery Clift 1 

kranzler

Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 17:13

-         Et même pas la gueule de bois. Comme si j’avais bu de l’eau simplement gazeuse.

-         Redis-le moi encore, s’il te plaît.

-         Quoi donc ?

-         Ce que tu m’as dit cette nuit. Combien d’ocelots sont passés dans le manteau que tu m’as offert avant-hier.

-         Quatorze, je crois.

-         C’est cruel, bien sûr. Mais il y a pire. Vois-tu, je sais qu’un jour nous serons morts, et que ce jour-là les femmes de footballeurs feront la une des magazines.

-         Oui. Inévitable. Elles et tout un tas d’autres connasses.  

-         Et tu sais quoi, mon ange ? Je mets ma main au feu qu’elles  demanderont à connaître le prix.

-         Ce sera une époque vulgaire où seul comptera l’argent.

-         Moi aussi, je vois ça gros comme une maison. Rien d’autre que le fric et la surface des choses. Alors, comme ça serait vraiment trop bête de déprimer pour ça, je veux bien que tu me resserves un triple Jack Daniels. Sans eau gazeuse, naturellement. Et je t'assure que je n'ai réellement pas besoin d'un nouveau diamant. Enfin, je voulais dire pas réellement. Un de plus, ce serait extravagant

.

 


 

Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /2009 17:54

Je confesse que je ne suis plus de gauche, définitivement, et que l’écologie m’ennuie, profondément. J'emm... la couche d'ozone.

 

Paradoxalement, ça m’attriste qu’il n’y ait plus d’URSS, et je suppose que, comme les années précédentes, je n’irai voir aucun film présenté à Cannes. De même, je n’irai pas voter aux européennes – c’est comme ça.

 

Oui, il est parfaitement exact que je ne crois pas en grand-chose, mais au moins ça m’évitera des déceptions. Je trouve le mot participatif à gerber, et idem pour interactif. En même temps, ça ne m’a pas empêché de repiquer soixante tournesols aujourd’hui

 

Chez moi, en ce moment, il y a des fourmis. Ce matin elles jouaient à l’autoroute dans le sucre en poudre, ce qui est moyennement sexy dans le café – mais je vais tout de même relire les Vestiges du Jour, de Kazuo Ishiguro, que je ne dois pas confondre avec la chemise Kenzo que je porte par dessus un jean savamment troué – et sans marque, lui.

 

Mon problème spécial en ce moment est le suivant. Après avoir regardé au moins quinze fois Sunset Boulevard entre mai et octobre 2007, au point de connaître les dialogues par cœur, dois-je attendre encore peu – étant entendu  que c’est mon film préféré et que je commence à être en manque grave ?


A la rubrique faits divers, j’ai malencontreusement éclaboussé un passant hier soir alors que j’arrosais le jardin. Un pur berlinois qui m’a menacé d’appeler la police, à quoi j’ai répondu quelque chose comme pauvre vieux con. Et, à la rubrique amabilités, j’ai fait savoir à une épouvantable peste que je connais sur internet que je la tiens pour une hyène arrogante et puante. Hyène puante, lui ai-je précisé, étant une approximation car je ne connais pas le féminin de chacal. J'aime bien les mots qui claquent.


 

Tout cela est évidemment très décousu, difficile de dire autrement. Mais du décousu comme ça, tout le monde ne sait pas faire.

 

Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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Jeudi 23 avril 2009 4 23 /04 /2009 14:14



-         Je te masse le dos ? Tu es tout tendu.

-         Ah oui, alors ! Je suis contrarié, contrarié, contrarié.

-         En effet, tu as l’air. On peut savoir pourquoi ?

-         C’est encore une de ces saletés de livres que j’ai acheté dans une de ces saletés de librairies. Une jolie couverture, un bon titre. Mais à l’intérieur, rien. Le pur vide, à se les bouffer. Alors peut-être bien qu’un jour j’arrêterai de lire. Pour de bon.

-         Je comprends ça. Moi, il y a longtemps que c’est fait.

-         Quand même : un seul bon livre dans l’année, c’est demander la lune ?

-         Oui, sans doute. Personnellement, le pognon que je claquais avant dans les bouquins, maintenant j’achète des crèmes avec.

-         Quel genre de crème ?

-         Pour le visage. C’est beaucoup moins futile que ça paraît. Tu devrais essayer.

-         Tu as peut-être raison.

-         A toi de voir. Au fait, le livre, tu en as fait quoi ?

-         Bazardé. Je l’ai laissé sur un banc au métro Platz der Luftbrücke. Tout neuf. J’ai vu une fille le mettre dans son sac à main.

-         Les filles lisent ?

-         Les moches, oui.


Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 22:19



- En tout cas, elle est vertueuse ; on ne peut pas dire le contraire.

- Oui, mais présenter des excuses à tout bout de champ au nom de la France, je vous demande un peu. Au nom de qui et en vertu de quoi ?

- Vous savez quoi, les filles ? Moi je dis qu'elle ferait mieux s'occuper de son cul. Son cul et rien d'autre.

- Nous aussi, d'ailleurs. On devrait.
Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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Mercredi 1 avril 2009 3 01 /04 /2009 12:19






Des allées boisées, des villas fin dix-neuvième planquées sous des sapins : le quartier où j’habite à Berlin est bourgeois, provincial et tout compte fait prodigieusement  emmerdant. Pas de murs tagués, pas de graffiti non plus ; il y a même une petite église de briques rouges, sage et très propre. Une église qui aurait presque du charme, entourée de son square douillet où percent les premiers crocus, mais qui reste quand même prussienne dans l’âme, c'est-à-dire empotée, alourdie par la rigidité de ses proportions. Trapue, sévère, couperosée, et en plus, le dimanche, un son de cloche assez terne.

 

Les arbres n’ont pas encore de feuilles, loin de là. On les sent encore bien chauves, hérissés de minuscules tétons qui bourgeonnent à peine, mais en quelques jours il pourrait y avoir une sévère remontée de sève. Il fait quinze degrés aujourd’hui, ce qui est énorme ici, et la météo ne prévoit pas que les températures débandent cette semaine – bien au contraire.

 

J’habite ici depuis octobre dernier et je connais encore peu mon quartier. Dans le pire de l’hiver, le soir descend vers les seize heures. Par temps couvert il y a cette tenace impression de ne pas voir la lumière certains jours. Cela n’incite pas des masses à sortir ; je suis resté toutes les longues semaines de novembre à février sans beaucoup bouger, ne sortant que pour faire courses. Un vrai ours, et qu’est-ce que ça peut foutre.

 

Depuis hier, je m’extirpe lentement de ma coquille. J’ai acheté de la terre pour les pots, des graines à profusion, au moins trente paquets,  car je veux que mon jardin éclate. Je le veux insensé, bordélique et outrageusement coloré. Je pense aussi acheter des bambous, ou n’importe quel autre végétal poussant haut et vite : un rempart pour ne pas voir les passants et m’éviter les corvées de bavardage avec le voisinage. Un vrai ours, je disais. Et je le répète.

 

C’est la fin de l’hiver, vraiment. En marchant, tout à l’heure, j’ai découvert un cabinet véto qui a l’air sympa et j’ai décidé que ce sera là que j’irai faire vacciner la marmaille. J’ai également découvert une petite place sympa juste derrière la station de S-Bahn. Une place avec des arbres et une terrasse ensoleillée où j’ai eu le réflexe de vouloir m’asseoir. Mais, comme en devanture de l’établissement un écriteau indiquait café bio, je n’en ai rien fait. J’ai passé mon chemin car l’étiquette biologique me fait l’effet d’un lavement terrible. J’emmerde l’écologie, si vous voulez tout savoir. Voilà, c’étaient juste quelques lignes comme ça, avant d’aller retourner la terre dans le jardin, et d’aller travailler demain.

Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /2009 17:54






Car les actrices ont mille visages, voyez-vous. Il y a les actrices folles, il y a les actrices idiotes, il y a celles qui roulent des yeux et se roulent par terre en même temps, tout en poussant des hurlements très classe. Il y a aussi les actrices fanées, les actrices qui auraient dû arrêter à temps, celles qui font irrémédiablement chier, celles qui se sont prises un jour pour Garbo et pour le pape en même temps. Et moi, en toute lucidité, je suis la synthèse de tout ça.

 

Par Kranzler - Publié dans : foutoir
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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /2009 17:26


  


Quant vous êtes chanteur, et que vous mourrez, ce qui gonfle à mort c'est les hommages, les larmes qui dégoulinent de partout, et toute cette putain de consternation écoeurante. A la limite du supportable, je trouve. Comme s’il y avait de quoi en faire une maladie. Et puis franchement, toutes ces tronches d’enterrement : ça soûle autant que ça écrase les burnes, non ? Enfin, c'est rien que mon avis.

Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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Jeudi 15 janvier 2009 4 15 /01 /2009 18:14


Si tu pouvais parler, tu donnerais à papa un signalement précis du salopad (ou de la grosse salope) qui a essayé de te voler presque à son nez  et à sa barbe, dans le jardin.  Mais tu ne parles pas, hein ? Et papa est obligé de réfléchir tout seul.... Mais je suis là, et je veille au grain, pour que ça n'arrive plus. ( Remarque, c'est bête et très tentant, ce collier anti-aboiement à la citronnelle : puisqu'on ne gueule plus, on est plus facile à embarquer. Et au fait, la dame qui l'a recommandé et prêté à papa, elle ne vient plus. J'ignore toutefois s'il y a un rapprochement à faire.)
Par Kranzler - Publié dans : foutoir
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Lundi 22 décembre 2008 1 22 /12 /2008 08:31


J'ai deux garçons intelligents et calmes. Ici, ils sont scotchés devant la baie vitrée, parfaitement conscients que lorsqu'il y a du soleil il faut en profiter - car en plein hiver, il se couche à 15 heures 52.

Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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Mardi 9 décembre 2008 2 09 /12 /2008 16:32



Une vue splendide ! Des pieuvres géantes, des poulpes déments, et encore tant de créatures phosphorescentes dont j'ignore jusqu'au nom. C'est sûr, mon blog rank s'enfonce, mais je m'en moque honnêtement comme d'une guigne, car - je le répète encore - la vue est réellement unique. Et, en plus, ici personne ne prononce une seule parole inutile. Quel repos...

Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
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