- Je te masse le dos ? Tu es tout tendu.
- Ah oui, alors ! Je suis contrarié, contrarié, contrarié.
- En effet, tu as l’air. On peut savoir pourquoi ?
- C’est encore une de ces saletés de livres que j’ai acheté dans une de ces saletés de librairies. Une jolie couverture, un bon titre. Mais à
l’intérieur, rien. Le pur vide, à se les bouffer. Alors peut-être bien qu’un jour j’arrêterai de lire. Pour de bon.
- Je comprends ça. Moi, il y a longtemps que c’est fait.
- Quand même : un seul bon livre dans l’année, c’est demander la lune ?
- Oui, sans doute. Personnellement, le pognon que je claquais avant dans les bouquins, maintenant j’achète des crèmes avec.
- Quel genre de crème ?
- Pour le visage. C’est beaucoup moins futile que ça paraît. Tu devrais essayer.
- Tu as peut-être raison.
- A toi de voir. Au fait, le livre, tu en as fait quoi ?
- Bazardé. Je l’ai laissé sur un banc au métro Platz der Luftbrücke. Tout neuf. J’ai vu une fille le mettre dans son sac à main.
- Les filles lisent ?
- Les moches, oui.
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