Vous qui m’aviez parlé du Gers en des termes si peu attirants. Un reposoir, m’avez-vous dit. Des hameaux où rien n’arrive et rien ne se produit. Des légions d’épouses soumises et effacées. Des maris simples d’esprit sentant l’écurie, quand ce n’est pas la porcherie. Jamais l’ombre d’un amusement et toujours la certitude de crever d'ennui, avez-vous ajouté comme par souci de me tenir à l'écart. Ce n’est pas tout à fait, figurez-vous, ce que moi j’ai découvert. Il se passe des choses, ici. Ainsi par exemple cette vertueuse dindonnière qui tient chronique de blogs, comme on dit. Et bien, l’autre nuit, après le souper et durant le sommeil de son époux que j’avais suffisamment gorgé de fort bon vin de Cahors, elle ne s’est pas montrée bien difficile à entreprendre. Quelques sursauts de principe pour faire honneur à sa réputation, mais sachez qu’ensuite je l’ai retournée sans peine aucune, à plusieurs reprises, et qu’elle n’a pas un seul instant objecté lorsque je me suis mis en demeure d’enduire les deux côtés de sa croupe de foie gras mi-cuit. Vous devriez essayer, c’est très divertissant. Elle me l’a d’ailleurs confirmé en me priant de recommencer plusieurs fois l'opération, jusqu'à épuisement des bocaux de sa cave.
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