Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

http://c5.img.v4.skyrock.net/c54/zaliie/pics/2178316461_3.gif

Syndication

  • Flux RSS des articles

           tippi.jpg

            lauren bacall gallery 17

NBNW.jpg

      Ulysse

Montgomery Clift 1 

Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 16:43
 

 

Kranzler, vous sentez-vous devenu adulte à l’approche de votre 47ème anniversaire ?

 

D’un strict point de vue mathématique, oui. Quarante-sept est supérieur à quatorze, je ne vous apprends rien. Mais je ne me sens pas adulte, je ne remplirais jamais les conditions et je ne compte pas faire le moindre effort.

 

Le temps qui passe vous ennuie ?

 

 Non. Avec le recul il me fait penser à une grande vague. Une vague qui vous apporte parfois un beau coquillage et le reprend l’instant d’après parce que vous n’avez pas serré assez fort.


Tout est donc fugitif et complètement provisoire ?

 

Oui, c’est une grande vacherie parce que, des fois, on aimerait bien le garder, le coquillage. Il arrive qu’on le retrouve, quinze ans plus tard, par chance ou par entêtement, mais entre temps il est passé dans d’autres mains. C’est devenu le coquillage de quelqu’un d’autre.

 

Quarante-sept ans, Kranzler, est-ce l’heure d’un premier bilan, d’un état des Lieux ?

 

Je n’aime pas le mot bilan. Seuls les imbéciles font des bilans. Je préfère dire que c’est l’heure de faire le tri. De voir ce qui est récupérable. D’écarter ce qui mérite d’être jeté. De faire de vrais projets. Parce que, vous savez bien, les quarante six premières années de la vie ça ne compte pas vraiment. C’est juste un petit tour de chauffe, un brouillon pour se mettre en jambes.

 

Et il est comment, votre bilan ?

 

C’est le même bilan que tout le monde, avec des rubriques, des notes. Il y a quelques joies, des déceptions, des regrets. Des choses qu’on aurait voulu faire autrement. D’autres qu’on a eu le culot de faire.

 

A ce moment précis, dans quel état d’esprit vous sentez-vous ?

 

Je vais plus que bien. Je suis en train d’écouter NougaYork en boucle et ça me dope, comme toujours. Les travaux du jardin avancent. Et je repense à un poème de Boris Vian que je l’ai lu il y a longtemps. Le titre est : « Je veux bien qu’on me les coupe. » C’est un poème très chaste. Il m’est revenu en mémoire récemment, ce triste jour où j’ai compris que je mériterais bien qu’on me la coupe.

 

Quoi donc, Kranzler ? Là, je vous sens à deux doigts de déraper.

 

Rassurez-vous. Je veux seulement parler de ma main droite. Celle qui a glissé le bulletin de vote dans l’urne, aux dernières présidentielles. Quelle tragique erreur. C’est ma faute. Mon incommensurable honte. Je suis responsable. Maintenant, à cause de moi, l’avorton gigoteur est là. Et je crois pas qu’on serait mieux loti avec Sainte Bravitude. Ce serait une merde différente mais on serait quand même dedans. Parce que nos élus ne veulent pas spécialement notre bien et parce qu’ils sont, de toute  façon et je l’affirme, impuissants.

 

 

 

Kranzler, on peut dire que vous nous avez mis dans de beaux draps.

 

J’ai peut-être une solution. Un tuyau. Mais je ne peux pas faire le boulot moi-même.

 

Racontez-nous. Si ça peut aider.

 

Et bien voilà. Un soir, dans les années trente, Marlène Dietrich et sa copine la comtesse di Frasso avaient tellement bu qu’elles ont imaginé un plan diabolique pour supprimer Mussolini.

 

 Comment comptaient-elles faire ?

 

Une orgie. Beaucoup de vin. Beaucoup de sexe et beaucoup de nourriture grasse. Toutes choses auxquelles l’immonde n’aurait su résister.

 

Ça aurait suffi ?

 

Elles avaient prévu un ingrédient spécial dans le plat de résistance. De la moustache de tigre pilée. Rien de tel pour perforer la triperie. Comme disait Marlène : Ah ! Je veux voir ce gros porc jouir, s’empiffrer et se ch… dedans !

 

Et ce plan n’a pas donné les résultats attendus ?

 

Non. Les pauvres étaient ivres et sont restées coincées en escaladant les grilles du zoo. Leurs jupes étroites, sans doute. Les pompiers ont dû venir les décrocher avec une échelle, en pleine nuit.


Merci pour cette recette, Kranzler. Nous aurons compris que vous ne lancez ici auquel appel, du moins, directement.

 

Bien sûr. Ce n’est pas de l’incitation. C’est une simple anecdote, liée à un contexte historique bien précis. Toutefois, s’il y en a que ça tente, je recommande l’usage du pantalon. Surtout, soyez gentilles avec le tigre – il n’est pas nécessaire de lui prendre toute la moustache. Quelques centimètres suffisent.

 

Merci pour ces bons conseils, Kranzler. Vous revenez bientôt nous nous parler de vos joies, cette fois ?

 

Je le pense. Il faut que je développe cette histoire de coquillages.

 

Par Kranzler - Publié dans : fatras - Communauté : La non-communauté
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés