- Et tu ne penses pas revenir sur ta décision ?
- Aucune chance. Et puis tu sais, ça fait déjà deux ans. Alors à ce stade-là, c’est un état de fait.
- C’est raide, quand même. Deux ans sans mettre les pieds une seule fois dans un bar gay. Petite baisse d’hormones ?
- Même pas. J’en avais grave ma claque de tomber sur des taches ou des microcéphales. Parce que, pour dire les choses comme elles sont, soit un mec à un cul, soit il a un cerveau.
- C’est pas un peu catégorique comme jugement ?
- C’est juste mon expérience. Un cerveau et un cul en même temps, ça ne court pas les rues.
- Tu sais quoi ? C’est glaçant, ta façon de voir les choses.
- Mais non, mon grand. Je te jure qu’un bon gros balaise de ton genre de temps en temps, ça réchauffe. Comme secousse, ça me va parfaitement.
- Et le mariage des homosexuels, tu en penses quoi ?
- Rien. Si ça les amuse d’être aussi ringues que les hétéros de base, c’est leur droit le plus strict. Mais franchement, vouloir être reconnu et accepté, ce que je peux m’en balancer.
- Mais alors, qu’est-ce que tu fais le soir si tu ne sors quasiment plus ? De la fonte et des abdos ?
- Je prends la bagnole. Je fais cinquante bornes pour trouver un trou perdu et je regarde les étoiles avec mon télescope. En ville, il y a trop de lumière.
- Les étoiles ?
- Oui, ou bien les cratères sur la lune. Mon préféré, c’est le cratère Trisnecker. D’ailleurs, il faut que je te laisse. Il fait nuit, c’est bientôt l’heure.
- Et si je t’accompagnais ? Je veux dire : si je t’accompagnais et si je jurais de ne rien dire de débile ?
- On peut peut-être faire un petit essai, si tu sais tenir ta langue….
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