Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

http://c5.img.v4.skyrock.net/c54/zaliie/pics/2178316461_3.gif

Syndication

  • Flux RSS des articles

           tippi.jpg

glass            

NBNW.jpg

      avengers

Montgomery Clift 1 

Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /2009 15:41

Je me rappelle très précisément que c'est le soir de Noël 1983 que j'ai commencé à fréquenter les lieux de drague à Nantes. Ce soir-là parce que je ne  voyais pas pourquoi j'aurais stupidement regardé la Boum à la télé, et donc, quelque part, je sens bien qu'il faut que je remercie Sophie Marceau.

Des bars, à l'époque, je ne sais pas s'il en existait, et de toute façon je ne crois pas que çà m'aurait forcément tenté. Aujourd'hui encore, et à l'exception de quelques rares périodes d'intérêt passager qu'il y a eues dans ma vie, je rechigne toujours à entrer dans les bars gay, parce que je sais que forcément il y aura au moins deux ou trois microcéphales blondes au comptoir, et quand les microcéphales blondes parlent, surtout celles qui ont dans les vingt ans, j'ai l'impression d'entendre des dindons qui glougloutent.


Des boites gays ou amphibies, je suppose qu'il en existait ; mais pareil, ce n'était pas mon trip. Ce que je préfère de loin, c'est le sauna. Pour une raison bien simple : au sauna, si ne on plaît pas ou si ne trouve que du second choix, au moins on peut éliminer les toxines. Mais idem, à Nantes dans les années 80, je ne crois pas qu'il y avait de sauna. Ou alors, c'est que je n'ai jamais sérieusement cherché. Possible aussi. Mais on s'en fout.


Pendant quelques temps, il y a eu les chiottes en sous-sol de l'immeuble Neptune. On pouvait y accéder par le petit escalier de la Place du Bouffay, pas loin de chez Liopé Aquariums, et je ne crois pas y avoir mis les pieds plus de deux fois parce les chiottes, lorsque les choses sont devenues trop flagrantes, ont été fermées au public; la dernière fois que j'étais à Nantes, c'était tout l'immeuble qui était promis à la démolition. Hâtivement construit dans les années soixante-dix, pas très beau, d'une utilité relative, il était question de le remplacer par une construction plus ambitieuse - tu parles.


En résumé, si on voulait rester dans la limite du central et du facile d'accès, il n'y avait guère que Bacco. Bacco, c'est à dire le long ruban de jardin public parallèle à la voie ferrée - trois cent mètres environ du Chateau des Ducs jusqu'à l'entrée du tunel. Là aussi il y avait une chiotte, qui n'existe plus aujourd'hui, et juste à coté, les arbres les plus hauts ont été coupés - dommage parce que c'étaient ceux-là qui justement permettaient la dissimulation. Tout compte fait, c'est sans doute là que j'ai fait mes meilleures rencontres. Quelques unes des pires aussi, mais le pire est quelque chose qui s'oublie facilement, qui n'est jamais très longtemps dérangeant, non ?


Plusieurs fois, j'ai entendu dire qu'il y avait eu du tabassage sur place, ou aussi des descentes de police. C'est peut-être vrai, mais jamais je me suis senti inquiet sur place. Pas une seule fois je n'ai eu peur qu'on me demande mes papiers, et jamais je n'ai tremblé à l'idée de rencontrer du casseur - c'est idiot, mais j'ai des peurs très strictement définies, comme par exemple me faire bouffer par un requin blanc dans une piscine, ou qu'on me force à écouter des chanteurs français.


Bacco, c'était surtout le lieu pour rencontrer les hommes d'une nuit, et il y en a quelques uns que je n'ai jamais oubliés. Un prénom que j'ai oublié, c'est celui de la petite teigne mordeuse que j'ai rencontré une nuit de novembre dans la gadoue. Environ vingt-cinq ans, nous sommes allés chez lui - ou plus exactement chez ses parents qui habitaient un des logements de fonctions du Musée des Beaux Arts, dont je n'avais encore jamais vu le Grand Escalier avant cette nuit pour le reste peu mémorable. Le conservateur aussi, un autre soir, m'a conduit au même musée, et cette fois là non plus il ne s'est rien passé d'extraordinaire - parce qu'il y a des peaux qui ne passent pas, des alchimies absentes. Autrement dit, Le Bal à Versailles, c'est en moyenne seulement une fois sur trois ou quatre. Et le musée, lorsque j'ai fini par m'y rendre un jour aux horaires d'ouverture, je l'ai trouvé ennuyeux, avec ses craquements de parquet sinistre et ses grandes huiles sombres que j'avais envie d'éclaircir à la thérébenthine.


Daniel, François, eux j'y repense souvent. Avec une tendresse particulière pour le premier. C'était l'été, je relisais  Bassanisur le parking, assis sur une sorte de grosse pierre qui faisait mal au cul et lui est venu se garer juste en face de moi. Une petite Peugeot décapotable. Nous somme restés longtemps à nous observer, il faisait beau et, peut-être au bout d'une dizaine de minutes, d'un geste franc et très spontané, il m'a fait signe de venir m'asseoir à coté de lui. Ce que j'ai fait. J'ai souri en l'entendant dire qu'en m'apercevant il avait pensé au moins, en voilà un qui sait lire. Cela s'est terminé par trois nuits, agréables. Francois, lui c'est autre chose. C'est moi qui suis allé frapper à sa portière. Une seule nuit, chez moi, mais inoubliable. Loin d'etre con, en plus. Mais marié. Le matin vers les sept heures je n'ai pas voulu remettre le couvert parce que j'avais compris que je ne le reverrais probablement pas. Et puis il y a eu Jacques, qui m'a permis de me détacher des Grands Boulevards, mais Jacques ce sera pour une autre fois.




Par Kranzler - Publié dans : foutoir - Communauté : La non-communauté
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

J'aime bien tes vérités.
Mais tout de même, tu es injuste avec les dindons!
Commentaire n°1 posté par calystee le 04/09/2009 à 22h12

J'avoue que les citer à titre de comparaison, sans les consulter, m'a posé un problème. Maintenant que j'y repense, à froid : des pintades écervelées. Mais ce sont quand mEme les dindons qui glougloutent, non ?

Réponse de Kranzler le 04/09/2009 à 22h27
Oui, les dindons glougloutent mais j'aime les voir dans une ferme par exemple. Les microcéphales, nulle part. Je partage tes réticences! Ca a le don de foutre en boule.
Commentaire n°2 posté par calystee le 04/09/2009 à 22h46
En 1978, j'ai accompagné mes parents dans la ferme où mon père s'était planqué deux ans pour échaper au STO. Les fermiers étaient toujours vivants. Mon père leur a avoué, 35 ans après, que le fameux dindon trouvé sans vie n'était pas mort d'une ambolie subite mais d'un franc tir de lance-pierre bien ajusté. Paix à son Ame....
Réponse de Kranzler le 04/09/2009 à 23h07
J'espère au moins qu'il l'ont mangé: en ce temps-là, la viande était plutôt rare. Alors un dindon rôti!!!
Commentaire n°3 posté par calystee le 04/09/2009 à 23h21
Certainement qu'ils l'ont fait. C'était sensé Etre une volatile gras de plus de quinze kilos, le rois incontesté  d'une cour de dindes que rien n'a pu consoler. Les pauvres chéries.....
Réponse de Kranzler le 04/09/2009 à 23h31
Toutes ces veuves éplorées en costume de deuil. Heureusement, les fêtes de Noël sont venues y mettre un terme. Le veuvage ne dure jamais trop chez les volailles...
Commentaire n°4 posté par calystee le 04/09/2009 à 23h41

Ben ouais : La volaille, la Dombasle, c'est fait pour Etre plumé. Apropos (En berlinois, à propos s'écrit comme Ca, en un mot), à propos de dinde, donc, je suis en train de réécrire cette histoire au sujet de mon Isabelle. Je déteste me mettre en colère, j'essaie de faire soft, mais je devoir laisser quelques rugosités................

Réponse de Kranzler le 05/09/2009 à 00h05
C'était aussi une dinde? -:)
Commentaire n°5 posté par calystee le 05/09/2009 à 00h07

Une taupe vicieuse, et aujourd'hui je lui fais caca sur la TETE.......

Réponse de Kranzler le 05/09/2009 à 00h23
Du kranzler, dindes comprises! :)
Ton Isabelle? Oh, j'en ai l'oreille toute rouge!

Au fait: oublie l'orange: trop criard pour les petits zieux attentifs :)
Commentaire n°6 posté par Ut le 05/09/2009 à 20h26
Ah, la couleur c'était pou faire raccord avec la photo
Réponse de Kranzler le 05/09/2009 à 21h33
J'avais compris, mais je trouve qu'au contraire, ça lui enlève son impact à ce magnifique déser des "bonnes consciences"!
Commentaire n°7 posté par Ut le 05/09/2009 à 22h11
en plus, le orange est ma couleur préférée..
Réponse de Kranzler le 06/09/2009 à 07h18
Note d'une Microcéphale Blonde : "La prochaine fois que tu vas sur un lieu de drague, emporter un livre au titre bien obscur, genre 'De natura rerum' de Lucrèce. L'ouvrir et faire semblant de le parcourir sur un banc, histoire de te donner un genre intellectuel... Ce sera la garantie de trois nuits agréable, au moins."
Commentaire n°8 posté par Lancelot le 06/09/2009 à 16h15
Les bons conseils étant rares, je m'empresse de noter le titre du livre. Tu sais s'il existe dans la collection Harlequin poche ?
Réponse de Kranzler le 06/09/2009 à 21h07

Salutation,
Je vois mention d'un breton exilé et j'accours voir... et je traînasse dans le texte sur les lieux de drague... Bref, je te trouve la dent bien dur, mais j'ai trop peu fréquenté ce genre d'endroit pour n'avoir autre chose qu'un regard assez détaché, comme non concerné. Sinon, je partage la conclusion de la chose, je préfère le sauna.

Commentaire n°9 posté par karagar le 09/09/2009 à 00h10
Et encore, certains jours ca dindonne sec aussi....
Réponse de Kranzler le 09/09/2009 à 08h50
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés