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Les filles qui...

Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 07:28

Basic-Instinct

C’est une chouette soirée. Avec une belle lumière intelligente, un peu orangée. Exactement comme j’aime ; plus que dix minutes et le soleil va tomber dans l’eau. Oui, je sais bien : ce film, c’est juste le portrait d’une salope. Il y de la belle musique et elle tue avec un pic à glace. Ce n’est pas difficile à jouer pour moi, les salopes. Maintenant je vais vous dire un truc et je prends l’océan à témoin.  Moi, je suis juste la fille qui se trouve là au bon moment, et en ce moment il y a une demande forte de salopes. Normal. On est sous Bill Clinton. Après, je ne sais pas comment ce sera. Ni quel président, ni quelle vacherie de monde. Ce sera peut-être beaucoup moins débridé, et si c’est le cas on écrira beaucoup moins de rôles de salopes. Ce ne sera pas très bon pour moi. En France, je continuerai sans doute à bénéficier d’une certaine estime car c’est un pays qui a une longue et riche tradition de garces. Mais ailleurs, je ne sais pas. J’ai comme un doute sérieux. Sinon, la rampe est rouillée, ça va laisser des marques sur votre pantalon et votre femme risque de  gueuler comme un putois, flingueur.

Par Kranzler - Publié dans : Les filles qui...
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 17:32

adjastone

- C’est pourtant pas compliqué à faire, un créneau. Alors maintenant, terminé. C’est moi qui conduis et je garde les clés de la bagnole. A quelle heure, ton coiffeur ?
- Neuf heures. Mais je risque d'en avoir pour toute la matinée.
- J’espère que tu as pris rendez-vous avec Jean-Luc ; Charles- Etienne est parfait question couleurs mais pour rattraper un chantier pareil, je ne vois que Jean-Luc. Tu le sais, à quoi tu me fais penser avec cette tignasse? A Raquel Welch dans «One million years before J.C." 
- Si seulement je pouvais ressembler à ça. Avoir des fesses qui se tiennent, tout en ayant aussi un potentiel dramatique fort.
- Raquel Welch après l’attaque du T.Rex, je voulais dire. Après et pas avant.
- Spielberg, tiens... Je pourrais peut-être tourner avec Spielberg un jour. Oui, pourquoi pas ? Baye l’a bien fait, elle, et ça a boosté sa carrière.
- Exact, mais Baye est une actrice normale, on peut même dire que c'est une femme assez remarquablement intelligente comparé à la majorité des actrices, et donc elle n'avait pas ton genre de handicap.
- Comment ça ?
- Se rouler par terre en hurlant Rooooodin, c'est tuant et ça bousille complètement les robes. Les normes acoustiques sont plus sévères aujourd’hui qu’autrefois. Mais pour Spielberg, après tout, tu n'as rien perdre. Vas-y. Banco, ma chérie. 
- C'est vrai ? A ma place tu lui écrirais une lettre ? D’autres l’ont fait : Deneuve a tourné dans Dancer in the Dark après avoir envoyé un courrier à von Trier, alors que le rôle était écrit pour une actrice noire. Et ca a marché. Tu crois qu'elle lui à écrit en danois, au fait ?
- Je doute qu'elle en ait eu besoin. De toute façon, pas la peine de lui écrire un roman, à Spielberg…
- Parce qu’il me donnera le rôle d’office ?
- Mais quel rôle ? Tu fais juste pipi dans un flacon et tu lui envoies un échantillon d'ADN. Après tout, pourquoi pas toi si a déjà marché pour le T.Rex, hein ?
 
Par Kranzler - Publié dans : Les filles qui...
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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /2010 06:19
cuisine-et-dependances-1993-6430-238868832

Moi je dis qu’il faut être consciente des choses,  parce que tant qu’on ne prend pas clairement conscience des choses on prend des choses pour d’autres et on se fait rouler dans la farine en beauté. C’est bien joli, le cinéma d’auteur. Je ne dis pas le contraire et dans mon cas c’est un choix de carrière assumé. En tournant dans des films qui veulent dire des choses, je me sens utile et investie. En accord avec mon éthique et en harmonie avec ma conception d’un cinéma qui dénonce opposé à un cinéma qui abrutit les masses. Seulement voilà : en acceptant de porter des robes à deux balles, à la longue je me dis que je renie ma féminité. Tu me vois bien ? Et bien ce que tu vois, c’est jamais qu’une bonniche qui vide les cendriers dans un décor réaliste. Et tu l’as bien regardé, le meuble en pin avec la balance Terraillon posée dessus ? L’abat-jour merdique sur la chaise à chiard et le tableau en liège pour accrocher les dessins de chiards, totalement niais ? La planche à repasser assortie au bleu marine qui est à se flinguer ? Voilà ce que ça veut dire, réaliste. Dans n’importe quel film américain qui se tienne, il y aurait au minimum un canapé pour que je m’évanouisse dessus. Il y aurait sans doute même du champagne – probablement français, d’ailleurs – et je ne serais probablement pas vêtue de toile cirée. Je le sais, que je ne suis pas Nicole Kidman. Et je le sais, que la norme pour les actrices françaises est de ressembler le plus possible à un sac à aspirateur. Mais quand même…. Tu as vu la gueule de la cafetière ? C’est ça que je ne digère pas : que ces enfoirés de radins soient infoutus de nous payer une Nespresso.

Par Kranzler - Publié dans : Les filles qui...
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 17:49
femmeinfidelle3

Moi, je dis que je ne peux pas m’intéresser à tout. L’égalité des sexes, la parité hommes-femmes dans les institutions politiques, ce que je m’en tamponne et ce que je m’en cogne. Il y aurait plus de députés du beau sexe en Allemagne ? Possible, mais les allemandes ressemblent à des tracteurs. Ce n’est pas comme si elles avaient le choix. Franchement, j’assume ce que je suis. Une bourgeoise qui se fait exploser la chatte dans des chambres d’hôtel. D’ailleurs, tu as vu la tapisserie ? En tout cas, ça ouvre drôlement l’appétit. Je mangerais bien des tripes, ce soir. Ce devrait être possible, à Caen. Ce n’est pas comme si je demandais de la bouillabaisse. Mais peut-être qu’on n’arrivera pas à se faire servir des tripes, parce qu’à Caen aussi tout fout le camp.
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 17:00
jacqueline
Bon, Jacqueline, maintenant il faudrait vraiment vous décider à faire un petit effort de compréhension. Vous allez  être une gentille fille parce que les moyens financiers nous font défaut pour faire une cinquante et unième prise. La scène ne peut marcher que si vous regardez votre partenaire avec désir et compassion. Je sais que c’est facile à dire, mais essayez d’oublier que Jean Pierre a des boutons. Il serait inutile que vous vous répétiez sans cesse qu’il est lourd, imbuvable, et que c'est une vraie tête à claque parce que ça risquerait de vous crisper inutilement. Je ne sais pas, moi ; si ça peut vous aider, simulez, faîtes comme si vous donniez la réplique à quelqu’un de chouette et de divertissant. Tenez, par exemple : Mitchum. Ou n’importe quel autre vrai acteur. Et puis enfin, n’oubliez pas que vous avez une petite chance : personne ne vous demande  de l’embrasser.
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 14:19
latin lover

Moi, je t’offrirai... pas grand chose. Rien, pour tout dire, mais un joli rien, bien présenté, bien enveloppé. Pas de billet d’avion pour Paris, mais mon meilleur souvenir et la compréhension de Simone. A tout le monde on dira que tu es une chic fille ; ça ne coûte rien, les mots. 
Par Kranzler - Publié dans : Les filles qui...
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 12:30
outofafrica 1
- Pas trop froide, l’eau ?
- Non, c’est parfait comme ça. Dans le fond, je me demande ce que les ligues de moralité vont encore trouver à redire.
- Pourquoi elles gueuleraient ?
- Parce qu’on balance des tensio-actifs en pleine nature. Et parce qu’on n’a pas recyclé la flotte alors qu’on aurait pu s’en servir après. Pour un bain de pieds, par exemple.
- On leur répondra que c’est pas un bien gros gaspillage et qu’elles nous emmerdent. Tu n’as pas la masse capillaire de Streisand. Et d’ailleurs tu embrasses mieux.
- Vraiment ?
- je te jure. Streisand a la langue un rien râpeuse.
- Et Fonda ?
- Pas terrible non plus. Ou alors il faut vraiment être raide dingue des chewing-gums aromatisés à la fraise, qui à moi me donnent davantage envie de vomir.
- Faye Dunaway, je serais curieuse de savoir. C’est vrai que... ?
- Oui, elle pique un peu. Mais rasée de près ça reste dans le domaine du supportable. De toute façon, une scène de baiser reste  une scène de baiser : on est toujours obligé de se forcer un peu car ce n'est pas un geste naturel devant la caméra. Enfin, il n'y a qu'une seule fois où je n'ai pas triché parce que j'en avais réellement envie.
- C'est une devinette ?
- Oui, mais tu ne trouveras jamais.
- Sarandon ? Mia Farrow ?
- N'insiste pas, c'est une vraie colle.
- Si, je te jure que je peux. Sophia Loren ?
- Jamais tourné avec elle. Allez, n'insiste pas. Spontanément il ne te viendrait jamais à l’idée de citer Paul Newman. Je me trompe, chérie ?


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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 00:00
loren

"... et puis à cause des bouffées de chaleur je suis obligée de porter des grands chapeaux qui protègent efficacement du soleil. Le reste, je crois que ça va globalement, même si en même temps ça ne s’améliore pas - ce qui est normal, me diras-tu. Je ne sais pas si ça te fait ça à toi, mais moi il y a des semaines où j’ai beaucoup de problèmes pour aller et des jours entiers où je reste sans pouvoir faire, et les tisanes je trouve que c’est tout bonnement de la foutaise. Forcément, avec ça, je suis comme qui dirait un peu encombrée, dautant plus qu’avec mon hypertension je prends de l’Atacand, qui n’arrange pas non plus de ce côté-lá, alors c'est un peu ennuyeux. Non, pas d’autre problème de circulation. Par contre, quand on m’a récemment demandé de poser pour le calendrier Pirelli, je me suis fait enlever la varice que j’avais sur la jambe gauche et qui me faisait comme une boursouflure pas très jolie qui se serait vue même retouchée quinze fois. L’opération ? On ne sent presque rien, ça ne laisse pas de trace mais le lendemain  il faut marcher tout le temps et pas rester une seule seconde sur place. C’est fou que ça m’a donné la gigote. Mais au moins, contrairement à Liz Taylor, moi je je ne suis pas en fauteuil roulant. Toi, solide comme tu es, je ne te demande pas comment tu vas."
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 08:57
slika3 5 show

Tu sais ma Lizou, des fois je trouve que le Four Roses c’est à peine mieux que l’ammoniac et le Daniels pas franchement pire que le désherbant. Je bois comme une saleté de trou et d’ailleurs peut-être que le trou n’est pas loin - sans compter que certains jours ma pauvre cervelle n’est qu’un gouffre merdique dépourvu de saveur. Et tu sais quoi, aussi, tant qu'on y est ? Quand je suis assez imbibé, je m’effondre dans n’importe quelle bagnole, comme une loque vaguement présentable, et je rêve des conneries de rêves qui font mal. Je rêve de n’importe quel garçon aux yeux verts qui serait assez fou pour accepter que je ne sois qu’une verrue. Je rêve aussi de cette pourriture de futur dans lequel je ne t’accompagnerai sans doute plus très longtemps, parce que c’est comme ça, parce que les choses sont moches. Je voudrais pas, mais je rêve qu’un jour je ne serai plus là pour m’avachir sur ta douce et bienveillante épaule. Longtemps après, moi devenu un sac d'os, tu seras une veuve multi-divorcée, un iguane grincheux sur un fauteuil grinçant. Toutes ces années que tu auras passées sans moi, ma pauvre, ma chère et tendre pouffiasse. Et le pire, écoute bien : vieille, tu n’auras plus le droit que de boire un verre de quintonine - le dimanche midi, une semaine sur deux. C'est tuant, non, la quintonine ?

Par Kranzler - Publié dans : Les filles qui...
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Mardi 2 février 2010 2 02 /02 /2010 08:30

monty

Si le garçon arrive, tu n’auras qu’à lui dire une bouteille de Jack Daniels sur mon compte. Une seule, comme ça on ne finira peut-être pas déchirés comme hier soir. Et si je peux me permettre, avant d’aller remonter ma bretelle de soutien-gorge qui vrille grave, je te redis que là tu me sembles encore parti pour déchirer du drap. Viser pleine boule, ça ne paie pas forcément. Moi, ce que je vois, c’est que tu vas frapper sous la ligne, ce qui va te donner trop de rétro. Et puis pour la quantité de bande, je doute également très fort. Tu verras, ça va te  pourrir ta trajectoire parce que ton angle d’incidence n’est pas assez élevé. Plusieurs bandes successives, c’est comme ça que ça marche. Crois-en une experte comme moi. Le coup de queue est primordial : trop sec, ça va saccager ton rendement entre effet imprimé et vitesse.  Un coup pénétrant, il n’y a que ça pour donner un bon éclatement. Mais je me doute que tu le sais déjà, mon Ange.

Par Kranzler - Publié dans : Les filles qui...
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